Quel ETF pour investir dans les GAFAM ?
FAANG, je vous aime !

M.à‑j. : 1 décembre 2021

S’il y a bien des noms qui font rêver les investisseurs, c’est Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Ces entreprises ont des historiques exceptionnels en bourse. De nombreux investisseurs souhaitent y accéder via un ETF, si possible dans un PEA. Trêve de suspense, il n’y a pas d’ETF comportant uniquement les big techs américaines ! Heureusement, il est possible de s’y exposer fortement via certains ETF. Explications.

GOOG
Le cours de bourse de l’action Google (Alphabet) depuis 2004.

À noter

En Amérique du Nord, on préfère généralement l’appellation FAANG à GAFAM qui reste très français. Le N de Netflix (ou parfois nVidia) y remplace le M de Microsoft. Quel que soit l’acronyme utilisé, il désigne la toute-puissance des géants de la tech américaine.

Les GAFAM en PEA ?

Il semble a priori impossible de détenir les GAFAM en PEA puisque ne sont éligibles au PEA que les actions de sociétés de l’Union européenne ou des fonds investis au moins à 75% en Europe. Il est donc en théorie impossible d’acheter des actions américaines en PEA.

Heureusement, les émetteurs d’ETF ont plus d’un tour dans leur sac. Sans entrer dans les détails techniques, ils sont capables de commercialiser des ETF contenant des actions européennes, mais répliquant la performance d’actions étrangères via un swap de performance. C’est ce que l’on appelle la réplication synthétique1Si vous êtes intéressé par ce sujet, voyez l’article de l’excellent Edouard Petit sur Epargnant 3.0.

Ce mode de fonctionnement est très intéressant pour l’investisseur voulant s’exposer aux GAFAM en PEA, car il permet de créer des ETF répliquant la performance d’actions extraeuropéennes dont les GAFAM !

Nos deux émetteurs stars d’ETF français ont saisi cette opportunité. Amundi (filiale du Crédit Agricole) et Lyxor (créé par la Société Générale et récemment racheté par Amundi) proposent en particulier des ETF répliquant la performance du Nasdaq 100. Or, le Nasdaq 100 est un indice très orienté tech.

  • Amundi ETF PEA NASDAQ-100 UCITS ETF, FR0013412269, PANX (0,23% de frais)
  • Lyxor PEA NASDAQ-100 UCITS ETF — Capi., FR0011871110, (0,3% de frais)

Les GAFAM/FAANG étant cotés au Nasdaq, il suffit d’acheter ces ETF pour investir dans ces entreprises. Vous pensez peut-être que le Nasdaq 100 comportant 100 titres, ces ETF ne vont pas beaucoup vous exposer aux big techs. Ce serait oublier que ces géants sont aussi les plus grosses capitalisations au monde ! Or, le Nasdaq est un indice prenant en compte le poids de chaque entreprise qui le compose. Google, Apple, Facebook, Amazon et Google (Alphabet) représentent 40% du Nasdaq tout entier. Si on ajoute Netflix, Nvidia et Tesla, on est presque à 50% du Nasdaq 100.

APPLE INC
MICROSOFT CORP
AMAZON.COM INC
TESLA INC
NVIDIA CORP
ALPHABET INC CL C
ALPHABET INC CL A
FACEBOOK INC A
ADOBE INC
NETFLIX INC
Le top 10 des positions de l’ETF PEA Nasdaq-100 d’Amundi représente presque 55% du fond ! Les GAFAM sont bien en première ligne (amundietf.fr).

Il est donc possible l’acheter un ETF en PEA contenant 50% de big techs américaines. Pas mal non ? Au passage, si les 50 autres pourcents vous inquiètent, sachez qu’il ne s’agit pas d’entreprises de seconde zone, loin de là ! Adobe, Paypal, Comcats, Cisco, ASML se trouvent aussi dans le Nasdaq 100. Il compte également des entreprises en dehors du domaine purement technologique comme Moderna, Intuitive Surgical ou même Pepsico. Ce ne sont pas exactement les GAFAM, mais c’est une très belle exposition à ce que le marché américain offre de mieux.

Ce n’est pas encore assez pour vous et vous aimez les frissons ? Lyxor a un ETF éligible PEA répliquant le Nasdaq 100 x2 ! C’est-à-dire multipliant par deux la performance journalière du Nasdaq 100. Les hausses, comme les baisses. C’est naturellement très risqué. Une baisse de 50% et vous êtes rincé ! À réserver aux amateurs de sensations fortes :

  • Lyxor Nasdaq-100 Daily (2x) Leveraged UCITS ETF, FR0010342592, LQQ (0,6% de frais)

ETF GAFAM en compte titres

En comptes titres, le choix d’ETF est naturellement beaucoup plus large.

A priori, on pourrait penser qu’un ETF orienté technologie ferait mieux l’affaire qu’un simple ETF Nasdaq 100. Il en existe plusieurs avec des frais très réduits, notamment :

  • iShares S&P 500 Information Technology Sector (0,15% de frais)
  • Vanguard Information Technology ETF (0,1% de frais)

On y trouve bien Microsoft et Apple pour environs 20% chacun, mais pas d’Alphabet/Google, pas de Facebook et pas non plus d’Amazon ! La cause de ce manque est simple : ces entreprises ne sont pas classées dans le secteur Technology par le Global Industry Classification Standard (GICS) qui sert de référence dans le domaine. Google et Facebook sont classés dans le secteur Communication Services tandis qu’Amazon se retrouve dans celui des Consumer Cyclical. Les ETF estampillés « Technology » ne sont donc pas un bon plan pour s’exposer aux big four de la tech (à moins que vous ne vous contentiez que de Microsoft et d’Apple, ce qui serait dommage).

Le top 10 de l’ETF S&P 500 Information Technology d’iShares confirme qu’on n’y trouve pas Google, Facebook et Amazon ! (blackrock.com)

La meilleure solution pour s’exposer aux géants de la tech — en CTO comme en PEA — reste donc un « bête » ETF Nasdaq 100. Mais pourquoi acheter un ETF Nasdaq 100 en comptes titres alors qu’on peut le faire en PEA ? Tout d’abord, tout le monde n’est pas français et ne bénéficie pas de ce quasi-paradis fiscal qu’est le PEA. Un PEA peut aussi être saturé : au-delà de 150 000€, il n’est plus possible d’y effectuer de nouveaux versements. Ensuite et surtout, certains investisseurs préfèrent la souplesse du compte titres.

Cependant, il existe aussi des avantages liés à la nature même des ETF non éligible au PEA. En particulier, les ETF Nasdaq 100 non éligibles aux PEA répliquent généralement physiquement l’indice. C’est-à-dire que l’ETF possède réellement les actions qui composent l’indice. Une réplication physique présente une garantie supplémentaire en supprimant un risque de contrepartie.

Il existe de nombreux ETF Nasdaq 100, parmi les plus grands on trouve :

  • iShares NASDAQ 100 UCITS ETF (0,33% de frais)
  • Invesco EQQQ Nasdaq-100 UCITS ETF (0,3% de frais)
  • Invesco NASDAQ-100 Swap UCITS ETF Dist (0,2% de frais, mais cet ETF est à réplication synthétique)

Fabriquer son propre ETF GAFAM

Sur un compte titres ordinaire (CTO), il peut être tentant de créer son propre ETF. L’ensemble des actions des GAFAM+ peut en effet être acheté très simplement avec un compte ouvert chez Boursorama, Saxo, Fortuneo, Bourse direct ou n’importe quelle banque digne de ce nom.

Sur le papier, ça semble une super solution : il suffit d’acheter des actions de chacune des big techs. On paye une commission à notre broker ou notre banque au moment de l’achat puis il n’y a plus aucun frais à payer tant qu’on ne vend pas.

En pratique, la chose est rendue difficile par le prix de certaines actions. Ça risque de coincer si vous n’avez pas beaucoup d’argent à investir. Par exemple, l’action Alphabet/Google coûte autour de 2800$, celle d’Amazon 3400$ (octobre 2021). Si vous voulez calibrer vos lignes pour qu’elles soient proportionnelles à la capitalisation de chaque titre (comme ce serait le cas dans un ETF), l’exercice sera d’autant plus délicat.

Toutefois, si vous avez une surface financière suffisante, c’est une solution très intéressante. À condition bien entendu de vous tenir à la philosophie de la gestion passive propre aux ETF : on laisse vivre son portefeuille une fois investi. Pas question de revendre au premier coup de froid sur les marchés !

2 réflexions sur « Quel ETF pour investir dans les GAFAM ?
FAANG, je vous aime ! »

    1. Merci pour votre message Alain. Il me fait découvrir la gamma d’ETP GraniteShares qui comporte effectivement un fonds GAFAM avec un levier x3, ce qui est naturellement très risqué. Par contre, GraniteShares propose aussi un ETP GAFAM sans levier ! Ce qui correspondrait parfaitement à ce qu’on recherche dans cet article (c’est toutefois un fonds Equal Weight : chaque trimestre le part de chaque GAFAM est ramenée à 20% du fonds). Malheureusement, ces fonds semblent peu accessibles en France. Ils sont indisponibles chez Boursorama comme chez Saxo. Je vais toutefois creuser la question et mettrai à jour l’article en fonction.

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