Composition du portefeuille bourse : actions, secteurs, etc.
Poches profondes

M.à‑j. : 20 mai 2021

Mon portefeuille comporte beaucoup de lignes, plus d’une centaine (janvier 2020) ! C’est beaucoup pour certains, mais ça reste petit joueur par rapport aux 1400 lignes de Peter Lynch à la grande époque. 

L’important en réalité n’est pas le nombre de lignes, mais leur corrélation et l’équilibre global du portefeuille. Pour cela, il est nécessaire de raisonner en termes de poches. Celles que j’utilise ne correspondent pas forcément aux catégories classiques utilisées par les gérants (consommation discrétionnaire, etc.), mais elles reflètent ma vision du marché.

Les poches doivent être équilibrées. C’est la première diversification : la diversification sectorielle. À l’intérieur de ces poches s’opère la diversification entre sociétés, entre secteurs géographiques et degrés de risque. D’où le nombre de lignes au total.

On commence avec la poche Luxe qui fait honneur à notre beau pays.

(Consultez les derniers reportings pour connaître le poids de chaque ligne dans le portefeuille. En général, il est proportion du degré de conviction.)

Luxe

Ces dernières années le secteur du luxe a bénéficié à la fois d’une croissance forte et d’une résistance étonnante face aux crises. Opérationnellement, il génère de fortes marges dans une industrie relativement peu capitalistique. La demande devrait rester soutenue du fait d’une clientèle riche que la crise devrait largement épargner (les politiques des banques centrales ne devaient pas porter préjudice aux détenteurs de capitaux). La demande est de plus alimentée par l’aspiration de la classe moyenne à un statut social plus élevé. Le besoin de s’afficher est toujours plus répandu (chose que je ne ressens pas du tout personnellement mais que j’observe partout  !). Il s’agit de l’un des rares secteurs intéressants à pouvoir être placés en PEA grâce à la forte présence d’acteurs français. Coquerico !

  • LVMH est le leader mondial. Sa stratégie de long terme est jusqu’ici irréprochable. Bernard Arnaud a su bâtir un groupe exceptionnel avec des marques très fortes qui devaient rester un atout dans la crise et au-delà. C’est l’une des mes lignes favorites malgré les restrictions actuelles. Je crois même en un redémarrage de la demande pour les produits de LVMH si la pandémie persiste. Il faut simplement laisser le temps au groupe et à la demande de s’adapter, notamment du fait de l’écroulement des voyages internationaux.
  • Hermès se distingue par sa rentabilité et sa croissance, parmi les meilleures de la cote. L’image de sa marque est exceptionnelle. Un must have éternuement cher.
  • L’Oréal est au bord du secteur du luxe. A vrai dire, si c’est du luxe, c’est du luxe avec de gros morceaux de la consommation de base dedans. Opérationnellement, ce n’est pas aussi bon que les deux précédent, mais la marque reste très forte et devrait résister au temps.
  • Moncler est devenu en quelques années bien plus qu’un simple fabricant de doudounes de luxe en forte croissance. Sous la houlette de Remo Ruffini — que l’on commence à présenter comme le Bernard Arnauld italien — le groupe se positionne comme un acteur central du streetwear de luxe. Le rachat en 2010 de Stone Island n’a fait que renforcer cette orientation. Il témoigne aussi du mouvement actuel de concentration du secteur du luxe où Moncler peut tout autant être un prédateur qu’une cible.
  • Farfetch est un acteur à part. Loin d’être rentable, c’est un distributeur de produits de luxe sur internet. Le défi est grand, car le luxe a toujours peiné à trouver ses marques sur le net (royaume des comparateur de prix, des promos flash et de la consommation rapide). Farfetch a donc construit un modèle particulier de partenariat avec des boutiques physiques avec lesquelles il fait l’intermédiaire. Le risque est à la mesure des enjeux : occuper la place de leader de la distribution de produits de luxe sur internet alors que la pénétration du net dans ce domaine est encore très faible. Le pari est que la clientèle de ces produits se reporte en partie sur la consommation en ligne, y compris les Chinois privés de voyage en Europe où acheter des produits de luxe. A noter que le concurrent RealReal ne me semble pas bénéficier d’autant d’attentions des grands groupes.

Technologie software

La technologie est LE secteur disruptif. Parmi les entreprises de la tech, les plus rentables se trouvent dans le domaine du logiciel. L’immatériel rend un logiciel multipliable à l’infini pour un coût presque nul. Les bénéfices suivent mécaniquement quand la demande est là.

Aujourd’hui, les acteurs du secteur rivalisent pour créer des solutions simples et économiques qui prennent la place d’acteurs plus anciens en de très nombreux domaines (désintermédiation,  automatisation). Ils peuvent donc croître même en l’absence de croissance économique globale, simplement en prenant des parts de marché. L’essor du cloud, des API et des logiciels sur abonnement donne à ce secteur une récurrence des revenus qui permet d’allier croissance et résistance.

Ces 15 dernières années ont émergé des géants qui font désormais partie du quotidien d’une majorité de personnes dans le monde. Ils ont su conquérir des parts de marchés qui leur donnent une avance difficilement rattrapable. Très rentables, souvent avec d’énormes positions en cash, ils peuvent à la fois résister à une crise et en profiter. Ils constituent la catégorie « Tech software » à laquelle j’ajoute des acteurs moins grand public mais tout aussi bien placés.

  • Microsoft propose les solutions les plus connues au monde à la fois pour le télétravail et le cloud. Le PC équipé de Windows a démontré qu’il occupe encore une place centrale dans le numérique, particulièrement dans le domaine professionnel. Microsoft a de plus enfin compris qu’il ne fallait pas lutter contre Linux et Android, mais au contraire profiter de la force de ses produits pour pénétrer de nouveaux marchés (WSL, Office for Android, MS Launcher, rachat de GitHub, etc.).
  • Alphabet/Google, dans son cœur de métier (Google Search et Google Ads), est relativement sensible aux cycles économiques du fait de sa dépendance à la pub (y compris dans le domaine du tourisme fortement impacté par la crise), mais ses fondamentaux restent très solides et bien placés pour bénéficier de tout mouvement de reprise. Parallèlement, l’activité cloud semble enfin décoller et YouTube ne cesse de s’imposer comme la plateforme vidéo généraliste. Le cash offre une capacité de résistances importante ainsi qu’une chance d’effectuer des achats opportunistes.
  • Le géant Amazon bénéficie évidemment des difficultés des acteurs du commerce physique et devrait surtout continuer à profiter de sa position de leader dans le cloud (AWS). Les tentacules d’Amazon deviennent si étendus que le principal risque est pour moi lié à la régulation. Toutefois, l’histoire montre que d’éventuelles interventions (dont on parle aussi pour Google) ne seraient peut-être pas si dommageables pour l’actionnaire (Barrage capital en avait fait une infolettre, mais je n’arrive plus à retrouver l’adresse).
  • Adobe dispose d’un quasi-monopole de fait sur des logiciels indispensables à la création graphique et vidéo (Photoshop, Premiere, Lightroom, Illustrator, After Effects, etc.), le passage à un modèle sur abonnement renforce la qualité du business déjà exceptionnel.
  • Le français Dassault systèmes propose des solutions de virtualisation qui font référence dans le monde. Il devrait continuer à séduire du fait des économies de temps et d’investissement qu’elles apportent avec en prime un récent développement externe dans le médical (assez fascinant d’ailleurs ce qu’on nous promet dans ce domaine).
  • Visa devrait à long terme profiter de l’augmentation des paiements électroniques en ligne, mais aussi dans le monde physique où le cash devrait connaître une certaine désaffection (ce que en quoi les États poussent déjà depuis longtemps). Les revenus sont toutefois affectés par l’écroulement des paiements transfrontaliers. Dans une moindre mesure, la désintermédiation des paiements pourrait constituer une menace à long terme.
  • Facebook et ses divers services continuent de voir leur fréquentation augmenter, la monétisation d’Instagram et Whatsapp est attendue. Ce n’est peut-être pas l’entreprise la plus sympathique, mais forcé de constater qu’elle continue à être très utilisée par Monsieur tout le monde. Or, il y en a beaucoup des messieurs tout le monde. Les derniers résultats montrent que l’entreprise résiste à tout, même au boycott des plus gros annonceurs pendant la pire crise de l’histoire récente. Cette résistante me laisse d’ailleurs perplexe quand je la compare à la relative faiblesse de Google.
  • Paypal n’est pas le dernier acteur du paiement à la mode. C’est au contraire un vieux de la vieille que j’ai hésité à mettre en portefeuille justement pour son caractère trop « tranquille ». Paypal commence toutefois à se renouveler : Venmo, intégration de crypto-monnaies, etc. On n’en attend pas moins d’une entreprise à l’origine de l’une des mafias les plus riches au monde !
  • Nemetschek est un éditeur de logiciel allemand qui profite de manière très rentable de la montée du numérique dans la conception d’immeuble / l’ingénierie du bâtiment. Le passage à un business d’abonnement est déjà bien avancé. Allplan, leur logiciel phase, a d’abord été un développement interne d’un simple cabinet d’architecte avant de conquérir le monde. L’histoire rappelle un peu CATIA de Dassault systèmes.
  • Constellation software porte bien son nom. Cette entreprise canadienne s’est fait une spécialité de racheter des progiciel prometteur et de les aider à se développer. Il ne  s’agit pas simplement de mettre des startups en portefeuille, mais aussi de leur donner les moyens de se développer. D’expérience, je sais que le potentiel est énorme. De ce point de vue, l’historique de Constellation software est impressionnant ! L’équipe rencontre aujourd’hui la concurrence du VC, mais son portefeuille de logiciels et son expérience sont toujours attractifs selon moi.
  • Le suisse Temenos produit des logiciels destinés aux banques. L’entreprise a su allier, jusqu’à présent, très bonne rentabilité et croissance. Ce sont des solutions difficiles à quitter une fois intégrées et demandant souvent beaucoup de maintenant (générant des revenus réguliers en plus des ventes de licences).
  • SimCorp est une entreprise danoise très rentable découverte. Elle édite des logiciels destinés aux asset managers. C’est une belle histoire de croissance du fait d’un marché de l’AM porteur et d’un besoin croissant d’outils d’aide à la décision, de gestion des risques et de mise en conformité. C’est aussi un business relativement résistant. 80% des revenus sont récurrents. Surtout, changer de fournisseurs est très compliqué et coûteux. Au contraire, une fois intégrée une partie des solutions de Simcorp, les clients ont un intérêt à opter pour une offre complète front to back.
  • Zalando est un champion européen du ecommerce. Amazon ne peut capter toute la valeur du secteur et en Europe un groupe comme Zalando est bien parti pour en profiter.

Technologie en devenir

La tech est un secteur en mouvement perpétuel. Pour en profiter pleinement, il faut prendre des risques et parfois s’aventurer sur des dossiers qui ne sont pas encore rentables ou pleinement rentables. La poche « tech en devenir » est donc un pari sur la rentabilité future de sociétés qui ne sont pas encore profitables.

Cette poche est probablement la plus risquée du portefeuille. Les entreprises qui la composent ne connaîtront peut-être jamais la rentabilité espérée. C’est pourquoi il y en a beaucoup ! Ces lignes sont donc de taille modeste (pour éviter un risque idiosyncratique trop élevé) et nombreuses (une quasi-ETF pour balayer large et espérer avoir quelques gagnant au final).

  • Shopify est très bien positionné pour capter une bonne partie de la croissance des ventes en ligne hors Amazon (du moins aux US). Les boutiques en ligne clé en main que Shopify fournit à des acteurs de toutes tailles lui permettent de profiter d’un business d’abonnement tout en percevant des commissions sur les ventes. La concurrence des solutions open source n’est pour l’instant pas assez organisée pour être réellement problématique.
  • Spotify est le logiciel d’écoute de musique en ligne le plus utilisé. Tributaire des maisons de disques, le rapport de force devrait peu à peu s’inverser et la rentabilité venir avec le basculement complet des modes de consommation de musique.
  • Twitter peine à trouver la rentabilité depuis longtemps. Toutefois, le réseau social est toujours plus utilisé. Le pari est que la société trouve enfin un modèle économique comme l’ont fait ses concurrents.
  • DocuSign propose des solutions de signatures électroniques, d’identification et de d’authentification. En perte depuis son introduction en bourse, DocuSign doit avant tout se constituer un portefeuille de clients. Dans cette phase, c’est la croissance qui compte. Tout indique qu’elle devrait le rester forte.
  • SalesForce.com est le leader des solutions de CRM. L’entreprise propose des solutions cloud adaptées à la gestion de la clientèle, de la force de vente et du marketing dans un environnement numérique. Les SAP & co n’ont pas su capter ce marché très juteux.
  • Upstart est une plateforme de prêts utilisant l’IA. Elle s’adresse directement au consommateur et fournit des solutions pour les banques et les institutions financières. Rentabilité, croissance phénoménale et énorme TAM devraient aboutir à une très belle histoire si les promesses sont tenues, si la concurrence ne perturbe tout, si, si, si…
  • Workday offre des solutions cloud pour faciliter la gestion financière des entreprises, les relations humaines et la planification. Workday s’est positionné en leader en offrant aux entreprises des solutions modernes pouvant être utilisées ou consultées directement par les collaborateurs.
  • Hubspot propose un logiciel pour mener des campagnes marketing en ligne, des CRM axés sur les ventes et des service gestion des services clients numériques ; une offre transversale sur des marchés en forte croissance.
  • Adyen est l’un des leaders dans le domaine du paiement en ligne. En forte croissance, cette entreprise néerlandaise a notamment comme clients des plateformes de premier plan, elles-mêmes en forte croissance. (Dans le même secteur, je regrette que Stripe — que je pense encore mieux placé — ne soit pas coté.)
  • Square est bien connu pour ses solutions de paiements physique et online, y compris pour les petits business, le commerce de détail, l’alimentaire, etc. Sa force est de se positionner sur l’immense marché de la transition numérique des entreprises en créant des boutiques en ligne, en offrant la possibilité de prendre commande par internet, etc.
  • Etsy est la plateforme de référence pour la vente et l’achat de produits fait main ou “DIY”. La croissance est bonne du fait de l’attrait pour ce type de produits dans une société de plus en plus standardisée. Le modèle économique est déjà là, la Covid ne faut que le conforter, l’entreprise est rentable et ne se paye pas hors de prix par rapport à tout le reste de la tech.
  • Twilio est un géant de la communication B2C dans l’environnement numérique (voix, vidéo, SMS, Whatsapp, etc.), il aide aussi à cibler précisément les consommateurs. Ses API peuvent être intégrées dans des applications de toutes tailles. Le marché est immense, mais la concurrence sur ce secteur l’est aussi. Twilio se positionne comme un acteur de taille face à des concurrents souvent beaucoup plus petits qu’il ne s’interdit pas de racheter (SendGrid, Segment récemment).
  • Sea ltd est très bien positionnée pour profiter de la croissance numérique en Asie et en Asie du Sud-Est particulièrement dans le secteur des jeux vidéo en Asie (Garena), du e‑commerce (Shopee) et des services financiers (SeaMoney).
  • Unity développe le fameux moteur de jeu vidéo. Ce moteur déjà largement utilisé est nativement multi plateformes (Windows, Mac, consoles, mobiles, etc) ce qui facilite grandement la production de jeux pour les entreprises de toute taille. Outre les barrières à l’entrée de plus en plus importantes pour développer ce type de logiciels et la croissance du secteur, les produits de l’entreprise trouvent des débouchés intéressants dans le cinéma et la réalité augmentée. Le modèle de licence est incitatif : du shareware (pour les petits projets) à la licence complète avec support sur abonnement.
  • MercadoLibre permet de s’exposer à la croissance du commerce électronique en amérique latine ; un marché immense. L’histoire est très séduisante, il est juste dommage d’entrer sur le dossier si tard…
  • Le brésilien StoneCo complète l’exposition à la croissance du numérique en Amérique latine. Il fournit des systèmes de paiement, des solutions de numérisation et d’intégration numérique à destination des commerçants. L’entreprise est en forte croissance sur un marché que j’estime prometteur.
  • Fiverr est pour moi l’archétype de l’entreprise internet parce qu’elle prolonge la révolution de l’intermédiation. En faisait l’intermédiaire entre des travailleurs freelances de tous les pays et des personnes ayant des besoins spécifiques (traduction, programmation, design, etc., etc.), Fiverr s’expose à un marché immense. La réputation acquise (avis) sur cette plateforme par de nombreux membres lui confère un petit moat à l’image de ce qui se passe sur AirBnB.
  • Lightspeed POS est une entreprise canadienne qui fournit des POS (point of sale) à des restaurants et d’autres commerces avec une intégration des boutiques en lignes (offrant par là une meilleure visibilité notamment via Google local) et de nombreu0x services tiers comme UberEats, Deliveroo, des services de Booking pour les hôtels, MailChimp pour créer des newsletters, etc. L’entreprise répond à un besoin pressant de beaucoup de petits commerçants de se numériser et d’intégrer simplement différents services tiers. 
  • Qt group, entreprise finlandaise, bien connue des linuxiens à l’époque où elle s’appelait encore Trolltech. Elle produit toujours un toolkit destiné à construire des interfaces graphiques (d’abord en  C++, puis Python et Javascript). Ses capacités multiplateformes sont maintenant une force face à la diversité des systèmes (Linux; Windows, Android, iOS, etc.). Beaucoup de concurrence dans le secteur, mais le positionnement de Qt reste orienté vers des logiciels métiers complexes pour lesquels il y a aussi une demande importante. La croissance et la rentabilité sont excellentes.
  • Dropbox est déjà ancien, mais commence à peine à être rentable. Une base d’utilisateurs importante s’ajoute à la qualité du produit. A noter que Dropbox s’est émancipé d’Amazon S3 pour construire sa propre infrastructure.
  • Foley Trasimene Acquisition II Corp (BFT) / Paysafe : ligne vendue en avril 2021.
  • Pershing Square Tontine, un autre SPAC ! Mais pas n’importe quel SPAC, le SPAC de Bill Ackman. Il reste l’un des meilleurs de sa génération malgré des déconvenues ces dernières années. On peut espérer qu’il lève une belle cible. On a parlé de Stripe. Rien que ce nom me donne envie d’y investir.

Une mini poche “cloud opérationnel” qui contient en quelque sorte des utilities du cloud :

  • CloudFlare est un prestataire bien connu pour son offre gratuite permettant à tous les sites de bénéficier de son réseau de CDN pour distribuer efficacement des contenus dans le monde entier. La base d’utilisateur gratuit (bénéficiant de fonctions limitées) constitue un formidable levier pour l’avenir. Les besoins sont de toute façon en forte croissance.
  • Fastly est un concurrent de CloudFlare avec des spécificités importantes. Son absence d’offre gratuite démontre un positionnement moins grand public plus adapté à des codeurs sous Unix habités à manier des API pour gérer la “scalabilité” de leur infrastructure. La demande pour ce type d’offre est là aussi énorme et croissante.
  • CrowdStrike se positionne comme l’acteur sécurité du cloud. Leurs solutions proactives sont de plus en plus utilisées pour sécuriser des services cloud de toute taille pour lesquels les attaques se multiplient.
  • Zscale sécurise comme CrowdStrike les infrastructures cloud, mais avant tout en sécurisant l’accès à des plateformes avec lesquelles Zscale s’intègre parfaitement (Office 365, Google Cloud, mais aussi CrowdStrike !).

Technologie hardware

Le hardware n’est pas historiquement le secteur tech où la valeur s’agrège le plus rapidement. Les bénéfices ne peuvent s’y multiplier aussi rapidement que lors de la vente d’un logiciel, car les coûts augmentent nécessairement lors d’une hausse des volumes. Le secteur ne peut pas non plus passer à un très confortable modèle par abonnement. Il compte toutefois des entreprises qui valent la peine. Le hardware reste la base de tout système informatique. Il se renouvelle régulièrement tout en étant en croissance. Il faut alors sélectionner des entreprises avec un moat important.

  • ASML est une pépite européenne ultra dominante dans le domaine de la fabrication des machines de lithographie indispensable à la fabrication des puces électroniques. Ces machines sont utilisées par les tous les fondeurs du monde. Pour l’anecdote, elles valent plus que les avions que les transportent. Un quasi monopole dans ce domaine est rêvé.
  • Intel devrait s’appuyer sur son statut de leader pour bien résister à la crise et profiter du besoin en data center. Même face à ARM et AMD, Intel est un géant qui a prouvé sa résilience et sa capacité d’innovation (voir aussi ce que j’ai écrit dans le message précédent sur Intel).
  • Nvidia devrait profiter de la croissance du marché du jeu vidéo. De plus ses puces sont maintenant utilisées dans des domaines en forte croissance (IA, big data, cryptographies / cryptomonnaies). Le rachat encore incertain d’ARM ouvrirait des perspectives assez dingues sur les puces généralistes.
  • Apple… est-il bien besoin de présenter cette Apple ? Pas fan de leur produits (beaucoup trop geek et libriste pour ça), je dois avouer qu’Apple a su créer et exploiter une marque de manière incroyable. Leurs produits sont on ne peut plus désirable pour tous les “kékés” de la terre. Financièrement, c’est encore plus impressionnant avec en prime des rachats d’actions impressionnants. Acheté aussi pour me soigner de trouver débiles tous ces gens avec des iPhones.

Tech chinoise

La Chine a elle aussi ses géants du net. Ils ne peuvent plus être considérés comme des copies de leurs équivalents américains. Leur capacité d’innovation est aujourd’hui bien réelle et pourrait un jour les amener à concurrencer les GAFAM une fois saturé leur énorme marché intérieur. Ils sont une nouvelle illustration du déplacement du pouvoir économique vers la Chine : l’un des megatrends de ce siècle.

Si m’y exposer m’a paru indispensable, je reste toutefois très prudent et constitue de petites lignes avec une exposition globale très mesurée pour plusieurs raisons : 

  1. La Chine reste un pays autoritaire, chacune de ces entreprises peut tomber en disgrâce du jour au lendemain et subir les foudres des CCP 
  2. La comptabilité chinoise m’inspire presque autant de doutes que le respect des actionnaires minoritaires 
  3. Par commodité ces actions sont généralement achetées sur le marché américain avec le risque spécifique lié aux ADR 
  4. Je connais très mal ce marché, ce qui est une raison suffisante en elle-même pour rester prudent.
  • Alibaba est le géant du e‑commerce chinois. L’entreprise est souvent comparé à Amazon. Elle bénéficie d’une très forte croissance pour des multiples moins élevés qu’Amazon.
  • Prosus bien que cotée à Amsterdam est avant tout un véhicule pour investir dans Tencent (géant chinois propriétaire de WeChat, très actifs dans les jeux vidéo, le ecommerce, les médias, etc.) détenu à hauteur de 30%. Les autres participations (mail.ru, Delivery Hero, etc.) sont loin de peser aussi lourd. Investir dans Prosus au lieu de Tencent en direct permet de placer les titres en PEA tout en bénéficiant des frais plafonnés et d’une petite diversification intéressante.
  • On présente souvent Xiaomi comme le Apple chinois. C’est sûrement exagéré, mais il s’agit de l’un des plus gros vendeurs de smartphones et de matériel électronique au monde. Très agile, le groupe se positionne dans de multiples domaines avec une politique de prix agressive. Son image de marque commence toutefois à s’imprégner dans le public. L’écosystème qui gravite autour (cloud, paiement, etc.), beaucoup plus rentable, devrait en profiter. Il faut comme pour toute entreprise chinois garder en tête les risques et les inconnues…
  • Baidu : le marché semble voir Baidu comme un Google Search chinois avec des problèmes de croissance. C’est la raison pour laquelle l’entreprise se paye peu cher. Baidu est pourtant bien plus que cela. L’entreprise est très bien placée sur les megatrends du cloud, de l’IA, du véhicule autonome et de la VoD. Difficile d’avoir une certitude sans connaître en détail le marché chinois, mais de mon point de vue (peut être biaisé), c’est une belle opportunité ! 

Tech immobilier

Pour permettre aux data center et à la communication de masse de se faire, il faut encore des espaces physiques. Ceux-ci sont d’ailleurs de plus en plus demandés. Qui a dit que la tech et l’immobilier ne faisaient pas bon ménage ?

  • Equinix est juridiquement un REIT, mais c’est surtout le leader des data center avec pour client essentiellement des grands groupes de la tech dont les besoins en espace ne devraient que croître du fait de la crise. Le moat d’Equinix par rapport aux autres REIT de data center est important de son modèle de location.
  • Crown Castel est également un REIT, mais il loue des tours d’antennes aux opérateurs téléphoniques. Deuxième du marché aux US, il devrait bénéficier des besoins croissants de communication sans fil et du passage à la 5G.
  • Cellnex est un acteur espagnol bien connu pour détenir un parc d’antennes principalement en Espagne, Italie, Suisse et France. L’entreprise devrait également bénéficier du passage à la 5G, du besoin toujours plus grand de “connectivité” dans un secteur géographique où je suis encore peu exposé.

Consommation

Dans tous les contextes, les gens ont besoin de manger, de se laver ou de se vêtir. Les biens de consommations, surtout s’ils sont attachés à une marque forte, sont demandés en toute période.

  • Nestlé possède des marques « indestructibles » adossées l’un des groupes les plus solides au monde. Si la croissance n’est pas folle (à long terme, ça devrait faire comme les autres géant de l’agroalimentaire plus ou moins la croissance mondiale), Nestlé a déjà su se réinventer en créant des produits iconiques. Une entreprise a acheter puis à laisser dormir pendant très longtemps.
  • Danone pourrait ressemble à un Nestlé français avec les forces et les faiblesses qui vont avoir. L’entreprise souffre en ce moment particulièrement de la fermeture des restaurants où ses eaux minérales s’écouler d’habitude très bien. Une adaptation au bio et au nouvelle habitude de consommation est de plus nécessaire. C’est pas l’investissement de l’année, mais à long terme, il faut rester confiance dans la résilience de ce type de groupe.
  • Nike est également une marque incontournable, mais pour les équipements sportifs. Elle répond donc à des besoins un peu moins fondamentaux. Nike peut par contre compter sur la renommée de sa marque pour profiter de la croissance à long terme du secteur sportif.
  • Beyond Meat est l’un des producteurs de viande artificielle les plus connus. La croissance a été fulgurante ces dernières années, portée par la volonté de beaucoup de consommateurs de réduire leur consommation de viande tout en ayant besoin d’un substitut plus attrayant que le menu vegan typique. L’arrivée d’une concurrence importante (grands de l’agro + Impossible Food) risque toutefois de freiner le dossier si les développements en Chine (porc artificiel) ne tiennent pas leurs promesses. Cependant, le dossier me séduit pour des raisons plus éthiques (protection animale) qu’économiques. 

Construction / DIY

Le bâtiment finit toujours par repartir dit d’adage. Il sera en tout cas bien aidé par les plans de relance massifs un peu partout dans le monde (quand on ne sait pas quoi faire pour relancer l’économie à coup de milliards, on construit des ponts, des immeubles, des routes… jusqu’à bétonner le fond des rivières s’il le faut).

  • Quitte à choisir un acteur (je manque de conviction par les autres possibles), Sika est une multinationale suisse très bien gérée, ses produits sont souvent la référence pour la confection de bétons / mortiers de spécialiste, l’étanchéité, le collage, la réparation d’ouvrage technique, etc. Ces produits super spécifiques, mais consommés en grande quantité sur les chantiers, sont fabriqués partout dans le monde, car ils peuvent difficilement être transportés (un atout dans un monde où les échanges seront peut être limités durablement).
  • Rockwool est une entreprise danoise, leader dans la production de laine de roche. Vous avez surement tous vu le logo rouge de Rockwool sur des isolants lors de la construction de bâtiments. L’entreprise est très bien gérée et la laine de roche est un matériau doté de grandes qualités (très bonne isolation, résistant au feu, durable) à un moment où les normes se renforcent constamment.
  • WD-40 est un peu le Coca-cola du bricolage ! Un engrenage grippé, une roue qui couine, un circuit électrique sale : hop un coup de WD40 est un réflexe pour beaucoup. Outre ce produit star, l’entreprise s’est construit un portefeuille de produits qui lui assure également une bonne croissance.
  • Hoffmann Green Cement est un petit acteur français ayant réussi son introduction en bourse en 2020. Bardé de brevets, il produit des ciments bas carbone à partir des déchets de la métallurgie. Une usine est déjà en production, d’autres sont en cours de construction. Des normes de plus en plus contraignantes (RE2020) et des premiers accords avec de grands acteurs m’incitent à mettre quelques pièces sur le dossier. De plus, le ciment étant difficilement transportable, la concurrence d’acteurs internationaux pourrait être plus difficile que pour d’autres acteurs français innovants.

Énergie

Le monde aura toujours besoin d’énergie et le pétrole est loin d’être fini. Les prix bas préparent peut-être les prix hauts de demain. En parallèle, il ne faut pas passer à côté d’un l’un des mega trends les plus puissants actuellement : les énergies vertes. Difficile de trouver dans ce secteur des acteurs rentables ou qui devraient le devenir à des prix raisonnables. Un panachage entre différents acteurs de qualité permet de jouer la tendance sans trop s’exposer à une éventuelle bulle.

  • Total est l’une des majors les mieux préparées avec l’un des points mort de rentabilité les plus bas. Éligible en PEA, bon rendement, bien gérée, pourquoi chercher plus loin.
  • Rubis passe sans encombre les épisodes de prix bas du fait de son activité de stockage. L’entreprise est gérée de manière dynamique avec une croissance externe historiquement très bien menée.
  • Neoen est l’un des leaders des énergies renouvelables en France. Il dispose de centrales solaires, d’éoliennes et d’un pôle stockage, ses activités se développent en France, mais aussi ailleurs en Europe, en Australie, en Amérique latine, en Afrique, etc. L’activité est en forte croissance portée par la vague verte. Elle devrait de plus bénéficier des plans d’aide destinés à “verdir” l’économie.
  • Française de l’Énergie est une toute petite entreprise avec un business original : extraire le gaz des anciennes mines de charbon (le fameux grisou) et l’utiliser comme source d’énergie ! Le concept est génial, les perspectives semblent prometteuses et FdE se développe en parallèle dans le solaire, mais la taille de la société et son TAM potentiel me retiennent pour l’instant d’en faire autre chose qu’une micro ligne.
  • EDP Renovaveis est un producteur d’énergie renouvelable d’envergure. Sa présence bien partagée entre l’Europe et en Amérique du nord devrait lui permettre de profiter du fort mouvement en faveur des énergies vertes.
  • Vestas Wind est le premier fabricant au monde d’éolienne. Le concurrent espagnol Siemens Gamesa ne présente pas un historique financier aussi flatteur. Vestas se trouve au cœur du boom de la croissance verte qui devait être bien aidée par les pouvoirs publics via les plans de relance.

Média

Le secteur des médias est en plein bouleversement avec les changements de mode de consommation. Moins de télé, moins de cinéma, plus de vidéos à la demande, plus de plateformes (Netflix, Youtube, etc.). 

  • Disney fait figure de vieille ancienne, mais surtout de pilier. Un catalogue inégalé, une force de frappe impressionnante et une pénétration prometteuse du marché numérique (Disney+) devraient assurer l’avenir malgré des changements profonds (en particulier les difficultés des salles de cinéma et des parcs, lesquels pourraient toutefois bénéficier d’une réouverture si on en finit enfin avec la Covid !).
  • Discovery Inc a récemment lancé Discovery+ qui devrait enfin lui permettre de rentabiliser comme il se doit son offre unique de programme (par ailleurs produit à faible coût). La faible valorisation devrait se corriger en cas de succès de Discovery+.

Télécom

Dans la tech, s’il y a un secteur pire que le hardware, c’est bien les télécoms. Les acteurs du secteur ont été largement tenus à l’écart de la création de richesse gigantesque concentrée entre les mains des GAFAM. La concurrence y est féroce car rien ne ressemble plus à un accès à l’internet qu’un autre accès à l’internet du fait de la neutralité du net. La différenciation se fait donc souvent sur les prix. Les télécoms sont pourtant indispensables à l’utilisation du net. Pour moi, les entreprises du secteur sont entre les utilities et les foncières. En tout cas, la récurrence de leurs revenus leur permet de payer des dividendes confortables même si la croissance est poussive. J’ai choisi d’en constituer une petite poche, car je pense qu’en cas d’inflation, ce sera l’un des secteurs les plus à même d’adapter ses prix.

  • Orange : un mastodonte dont je n’attends qu’un proxy de l’inflation en euros et un rendement sympathique.
  • SwissCom : l’entreprise historique suisse, idéale pour un petit rendement en franc suisse et une exposition à la consommation domestique helvétique. (SwissCom a été vendu).

Santé

Le secteur de la santé est rentable et en croissance. Malheureusement, il pratique beaucoup d’expérience sur les animaux ce que je n’apprécie pas. Eh oui, j’ai quelques discrets principes “ESG” dans ma gestions. Pas de tabac, pas d’armes… Ça conjugué à ma méconnaissance du secteur sont les raisons pour lesquelles il est sous pondéré. Cela dit, les quelques valeurs sélectionnées le sont pour surfer du des megatrends  comme le vieillissement de la population (Straumann, Sonova) et l’informatisation (Veeva systems).

  • Straumann est une entreprise suisse leader dans le domaine des implants dentaires. Forte croissance, rentabilité et innovations dans un secteur d’avenir (vieillissement et émergence de classes moyennes dans les pays en développement) sont un cocktail de choix pour l’actionnaire.
  • Carl Zeiss Meditec est une entreprise allemande spécialiste de l’optique à visée médicale. Une croissance régulière avec une bonne rentabilité dans un secteur porteur devrait assurer l’avenir.
  • Diasorin est le spécialiste italien des tests médicaux (avec historiquement un rôle de pionnier dans le test de la vitamine D). Il présente de meilleures metrics que le français Biomérieux (croissance, rentabilité) et une belle capacité d’innovation. L’entreprise me paraît très bien placée pour profiter du megatrends de l’augmentation de l’espérance de vie lequel est par ailleurs favorisé par des diagnostics de plus en plus nombreux et de plus en plus précoces. Si le secteur a été porté par la Covid en 2020, j’ai pu profiter d’un trou d’air début 2021 pour initier une position de long terme.
  • Veeva Systems se situe entre la tech et la médecine en fournissant des solutions basées sur le cloud à destination des life sciences. En forte croissance, déjà rentable, l’entreprise se paye très cher (PER > 100), mais elle aurait tout aussi bien pu se trouver dans la catégorie tech en devenir. En tout cas, c’est un investissement dans le même esprit : acheter avant la pleine rentabilité.
  • Progyny fournit des services d’assistance à la fertilité aux Etats-Unis. Les résultats obtenus sont supérieurs à ceux des autres centres comparables. Les traitements sont onéreux, mais ce peut être les employeurs qui paient : Google et Microsoft représentent une part importante du CA ce qui est un risque, mais d’autres entreprises devraient suivre notamment pour attirer les meilleurs profils. Le marché est en tous les cas porté par le besoin d’enfant et les difficultés de plus en plus grandes de nombreux couples pour les concevoir sans aide.
  • Sonova est un fabricant suisse de prothèses auditives. La comparaison avec son concurrent italien Amplifon plaide en sa faveur (croissance, rentabilité, etc.). Comme Straumann, Sonova devait bénéficier des megatrends actuels : vieillissement de la population et émergence des classes moyennes dans les pays en voie de développement.

Industrie

L’industrie n’a pas bonne réputation. Pourtant, il existe des acteurs dans ce secteur qui bénéficient des changements d’environnement actuels.

  • Interroll est encore une belle société suisse, elle est bien positionnée pour surfer sur le ecommerce et le besoin de chaînes d’approvisionnement efficaces grâce à ses équipements pour la logistique et la manutention.
  • Les gaz d’Air Liquide sont non seulement employés dans l’industrie, mais aussi dans le médical et demain dans le véhicule propre, il s’agit d’une entreprise ancienne bien gérée. La valeur de bon père de famille par excellence à garder en PEA et passer au nominatif pour bénéficier du bonus de rendement de l’action gratuite régulièrement offerte.
  • Alfen est une entreprise néerlandaise fournissant de nombreux équipements électriques. Alfen notamment leader des stations de transformation électrique, ils opèrent aussi dans le stockage de l’électricité et la recharge des véhicules électriques. Ce dernier secteur ainsi que l’équipement des producteurs d’ER est un levier de croissance important pour une entreprise pourtant âgée de plus de 80 ans ! C’est dans le vieux pot…

Automobile / Transports

L’automobile est un secteur cyclique avec de nombreux bouleversements en ce moment. Pour moi, mieux vaut s’en tenir à l’écart pendant les crises. Toutefois deux actions ont été sélectionnées pour leurs qualités propres. J’aimerais bien y ajouter une petite exposition au véhicule électrique, mais le secteur est en bulle perpétuelle… Difficile d’y investir sans avoir le sentiment d’être déjà très en retard.

  • Michelin est la référence mondiale du pneu. L’entreprise présente une récurrence de ses revenus grâce au marché de l’entretien, elle est également exposée au marché pro et elle n’a pas à subir les investissements dans la voiture électrique / autonome pesant sur le reste de l’industrie.
  • Si Ferrari incarne le mythe automobile, ce n’est pas une entreprise du secteur auto au sens financier du terme. Ses comptes l’apparentent plus à une entreprise du secteur du luxe (marges, croissance, ROIC, etc.), tout comme son image : voiture sportive d’exception réservée à quelques-uns. La production contenue garantit que les voitures trouveront toujours preneurs. Il y aura toujours des riches pour vouloir rouler en Ferrari.
  • Renault… que vient faire Renault dans un portefeuille orienté tech et qualité ? Il s’agit d’un l’un des rares paris de retournement du portefeuille. La valorisation de Renault s’est écroulée alors que j’admire beaucoup la nouvelle direction. Je pense qu’un De Meo est capable de transformer Renault en une marque profitable là où Ghosn s’orientait vers le volume. D’autant que l’entreprise dispose d’ores et déjà d’atouts de par sa présence précoce dans le VE.
  • Fisker : clairement un pari sur des véhicules électriques avec un superbe design. Ce n’est pas du fake comme Nikola, ce n’est pas encore de la grande production comme Tesla. On en est au tout début de l’aventure, mais les partenariats sont prometteurs et Mr Fisker a déjà fait ses preuves. Certes plus en tant que designer qu’en tant que businessman… 

Small cap fr

Les small cap française ont le double avantage d’être éligibles au PEA et de ne pas être très regardées par les grands fonds. Un investisseur français peut en tirer d’autant plus avantage qu’il maîtrise mieux l’analyse de leur environnement. Beaucoup de titres dans cette poche sont toutefois en watch list, car je manque de conviction sur le marché français.

  • Delta plus : posséder une entreprise produisant des EPI (dont des masques) semble avoir beaucoup de sens aujourd’hui, mais cette entreprise était en portefeuille avant la crise pour sa croissance et la bonne gestion de sa direction. On garde pour les mêmes raisons et non pas pour surfer sur une hype temporaire.
  • Envea : belle croissance et rentabilité dans un secteur d’avenir.
  • LDLC : la vente d’équipement numérique auprès des particuliers et des professionnels a explosé à l’occasion de cette crise. LDLC en profite pour sortir de ses problèmes de croissance et d’organisation (désendettement, cession du siège, etc.), du tout bon pour le seul pionnier du web fr toujours indépendant.

Foncières

J’ai été un grand fan de foncière. Le Covid m’a conduit à m’adapter…

Le rôle des foncières dans ce portefeuille était à l’origine double : 

  1. créer une petite rente permettant de profiter d’opportunités en l’absence d’apports
  2. créer un point de relative stabilité dans le portefeuille. 

Ce dernier point était dû au fait que les taux baissent généralement lorsque le marché baisse, or les taux bas sont favorables aux foncières. Tout cela est malheureusement perturbé par le Covid 19. Les taux ont certes beaucoup baissé, mais l’immobilier est en première ligne. Il est même possible qu’il fasse figure de variable d’ajustement (par la baisse des loyers).

Très rapidement :

  • Argan : immobilier industriel en France avec un historique de développement impressionnant
  • IMDA : thèse d’investissement = « Paris sera toujours Paris » wink
  • Altarea : développeur immobilier intégré, foncière de centres commerciaux en France avec les risques qui vont avec, mais pourrait bénéficier des plans de relance en tant que promoteur.
  • Gecina
  • Icade
  • Covivio Hôtels
  • Dream Industrial : foncière industriel canadienne faisant partie de la galaxie Dream qui a prouvé son savoir faire.
  • Prologis
  • Stag industrial : foncière indus au développement rapide, dividende mensuel
  • WP Carey : foncière triple net bien placée dans le contexte actuel. A moins souffert que Realty Income.
  • Realty Income : Son slogan, The monthly dividend company, résume le soin qu’elle apporte à la communication. La réussite est là depuis des années : en maintenant un cours élevé, Realty Income peut émettre régulièrement des actions de manière relutive. Le management a su bâtir un patrimoine de qualité du fait de sa facilité à lever du capital.

Modestie

La poche modestie représente la partie passive de mon portefeuille. 90% des gérants n’arrivent pas à battre le marché ? Je suis donc bien orgueilleux avec mon stock picking. Mieux vaut s’en remettre au marché. Cette poche devrait représenter au moins 30% du portefeuille. Sauf que c’est pas drôle et qu’on n’apprend pas grand-chose.

  • Acheter EWLD (MSCI World) fut un premier pas vers la modestie et le réalisme : il est très difficile de battre un indice monde, ma récente déconvenue m’aide bien à l’intégrer. Pour l’instant, la taille de la ligne est modeste elle aussi. Dans l’immédiat, je vois cette ligne comme une petite assurance contre un mauvais stock picking. Ça sera toujours ça qui fera aussi bien que le marché.
  • PAASI (MSCI Emerging Markets Asia) permet d’avoir une exposition à la Chine en PEA. Sans ETF, je trouve en effet le marché chinois très opaque. C’est aussi un problème pour un ETF, mais plus dilué. Le poids de la ligne est fonction de ces incertitudes.
  • Une petite ligne TNO (STOXX Europe 600 Technology) en PEA pour se rappeler qu’il n’y pas que le Nasdaq dans la vie.
  • Ce n’est pas un ETF, mais avoir du Berkshire Hataway serait pour moi justifié par le simple plaisir d’acheter une part de ce qu’a construit le maître. Buffett s’est également montré très prudent ces derniers mois. Avoir une petite exposition à son fond, c’est aussi se ranger à ses côtés pendant la tempête. Il aura peut être raison et contrairement à moi, il a de la patiente. Ça permet aussi d’avoir un peu d’Apple sans le dire (je n’aime pas Apple en tant que consommateur, en tant qu’investisseur… j’aurais du en acheter il y a bien longtemps !).

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